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Chapitre 1er

 

 

 

 

 

- Quel est l'acte que vous accomplissez journellement, que vous avez accompli occasionnellement dans le passé ou que vous comptez accomplir dans le futur, qui justifie votre présence en ce monde ? 

 


 

Mes amis et moi-même eûmes droit à un délai de réflexion de trois semaines pour répondre (ou du moins tenter de le faire) à cette question.

Nous étions en l'année 1977, cela faisait dix ans que "tout" avait commencé, cela faisait presque un an que Lucette avait été jugée inapte à accomplir une activité professionnelle convenablement : j'allais lui emboîter le pas pour être versé, à mon tour, au rang d'invalide.

J'avais épousé Lucette en avril 1973 pour le meilleur et pour le pire et nous semblions sortis, à cet instant précis, du "pire" que nous avions vécu jusque-là, non sans l'aide de quelques amis, dont l’écrivain et ufologue Jimmy Guieu qui m'invita à maintes reprises à rassembler sous forme de livre ce que je m'apprête à vous raconter aujourd'hui.

Nous reviendrons à point nommé sur les éléments de réponse que nous apportâmes à la fameuse question précitée et à ce qui s'ensuivit.

C'est en juillet 1967, donc, que cette histoire commença, ou plutôt se révéla. Je venais d'être embauché à la Sécurité sociale des Bouches-du-Rhône, à Marseille, après avoir, auparavant, satisfait à un concours d'entrée. Premier concours, dois-je préciser, de ma jeune existence (j'avais dix-neuf ans, à l'époque) car j'avais pris pour habitude de ne jamais me présenter aux examens.

Mon père, rodé à mes facéties, m'avait, ce jour-là, accompagné de Toulon, où nous habitions, jusqu'à la faculté de médecine de Marseille où se déroulaient les épreuves, poussant même le zèle à pénétrer à mes côtés dans l'amphithéâtre, sans doute pour s'assurer de ma participation (physique) au concours.

Ce fut un soulagement pour lui que de me voir mettre le pied dans une vie dite active, pour laquelle je n'avais pas manifesté une grande attirance jusqu'alors.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il n'est peut-être pas superflu d'effectuer un petit retour en arrière, ne serait-ce que pour vous résumer brièvement qui je fus de 1948, année de ma naissance, à cette année 1967 qui, je le répète, allait bouleverser tout ce que mon esprit, par trop rationnel, avait emmagasiné en pratiquement vingt ans d'existence.

Je naquis, semble-t-il, le 30 juin 1948 à Blida (département d'Alger) de père inconnu et de mère tout aussi discrète. Autant dire dans l'anonymat le plus complet et je ne dus qu'au fait d'être adopté par M. et Mme Pantel de porter ce nom d'origine cévenole. Adoption survenue, il convient de le préciser, au bout d’un peu plus de six mois de séjour à l'Assistance publique.

Les années passées de l'autre côté de la Méditerranée furent des années heureuses, entrecoupées par des vacances que nous passions, selon les étés, en Haute-Savoie, dans les Pyrénées ou bien encore en Lozère.

Rien n'altérait, autant que je m'en souvienne, ma joie de vivre, pas même cette guerre d'Algérie qui nous fit, un beau jour de 1961, rejoindre la France, cette fois, pour toujours.

Ma mère ne possédait pas une grande culture mais était profondément croyante. Sa foi, sincère, l'autorisa à traverser cette vie sans connaître véritablement de problèmes. Elle ne me fit, toutefois, jamais adhérer à sa façon de voir et de concevoir les choses.

            Mon père, bien que descendant d'une famille de protestants (comme beaucoup de Lozériens), avait pour sa part renié toute forme de religion. C'était un homme instruit, enclin à une vision pragmatique des événements, il était sévère, parfois "dur", mais toujours juste. C'est à lui que je dois principalement mon éducation, du moins dans les formes que l'on s'accorde à considérer comme normales.

Passablement désolé de constater mon "hermétisme" aux mathématiques dans lesquelles il excellait et qu'il s'efforçait de me faire assimiler, il sut tout de même éveiller assez tôt en moi un grand intérêt pour la littérature en général, me sensibilisant à la poésie en particulier. Alors que nous nous promenions dans la nature, surtout à l’occasion des grandes vacances, il avait notamment le don de choisir l’instant pour me réciter des vers de Lamartine, Hugo, Leconte de Lisle, ou encore des Fables de La Fontaine. Ces intermèdes habilitaient mon père à me faire valoir la tournure donnée aux phrases par ces poètes, le versant inlassablement à mettre l'accent sur la qualité du message que véhiculaient leurs œuvres. Plus tard, cela déclencha vraisemblablement chez moi cette passion d'écrire des chansons, passion à laquelle je m’adonne toujours.

Quelques mois avant de mourir, le père de ma mère, lequel vivait avec mes parents depuis toujours et qui, par la force des choses et bien contre son gré, avait dû s'expatrier avec nous à Toulon à la suite des événements qui firent accéder l'Algérie à son indépendance, mon grand-père donc, crut bon de me révéler que j'étais un enfant adopté sans me donner plus de détails sur le fait.

Nous étions en 1962. Cette révélation me perturba un temps, d'autant plus que je devais garder ce "secret" jusqu'à ma majorité (21 ans à l'époque) où mes parents me révélèrent la chose, pour la seconde fois, sept ans après.

Pour ma part, j'avais su observer le silence et ce fut, je crois, le plus difficile, n'ayant jamais eu à souffrir de quoi que ce soit durant mon adolescence. A ce jour, je maintiens que les rapports entretenus avec mes parents adoptifs sont d’identique nature à ceux que l'on peut vivre avec ses vrais parents.

Déférence, amour et autres sentiments familiaux se vécurent dans la réciprocité avec les nuances qu'il convient d'attribuer au tempérament et à l'âge de chacun.

Pour le reste, je devais porter au fin fond de moi-même un certain mysticisme car, bien qu'influencé par mon père et sa façon de voir les choses, je m'étais attaché - sans vraiment bien le réaliser -, à travers mes lectures et aussi quelques films (en particulier des fresques historiques), à des images qui me donnaient à rêver et dont je n'ai jamais su totalement me départir.

Ainsi j'avais "mes" héros et qu'ils fussent issus de la Bible, de la mythologie ou tout bonnement de l'histoire, je ne remettais jamais en cause la croyance qu'ils vouaient à quelque chose de divin. Bien au contraire. Et il faut bien avouer que cela pouvait paraître paradoxal, vu que je me prétendais, à l'instar de mon père, athée.

A l'heure de me métamorphoser en employé administratif, je ne peux pas prétendre que j'affichais une ambition particulière, mais en avais-je jamais eue ? Ma scolarité s'avérait incomplète, eu égard à l'absence de diplômes (et pour cause !), pas de B.E.P.C., pas de bac, pas plus de titres à recenser au cours des deux années de "commercial" qui suivirent mon cycle d'études secondaires.

Certes, je ne me sentais pas fondamentalement différent des autres mais je n'étais pas, loin s'en faut, concerné par leurs préoccupations.

Ce manque de conviction, appelons-le ainsi, en mon devenir, n'était pas pour autant un laisser-aller, puisque je me montrais assidu en ce que j'entreprenais : que ce soit la musique ou le sport que je pratiquais, l'une en tant que chanteur d'orchestre et l'autre comme coureur de demi-fond dans l'exigeante discipline qu'est l'athlétisme.

En fonction de mon comportement général, je m'étais rallié à cette idée qui faisait de moi un garçon immature pour la majorité des gens, arguant toutefois à mes détracteurs qu'il faut bien du talent pour être vieux sans être adulte, selon Jacques Brel.

Avec le temps, d'aucuns prétendirent que, dessous cette attitude peu responsable que j'avais adoptée vis-à-vis des valeurs-clés de notre société, couvaient les prémices d'une destinée tout à fait exceptionnelle. Je leur abandonne la responsabilité de ces conclusions.

Néanmoins, il m'a bien fallu admettre aujourd'hui que nous subissons, plus que nous choisissons, les choses en ce bas monde.

Cela exclut de la sorte toute notion de mérite qui pourrait donner accès à une quelconque forme de privilège.

D'ailleurs, plus loin dans son développement, cette histoire saura nous faire ressentir, puis comprendre que ce qui est "fondamental", "essentiel", dépend d'un absolu dont l'origine échappe à nos sens. Cet absolu confère à nos vies une qualité de choses à vivre dont le cheminement se fait en majeure partie à notre insu : cela "s'imprime" en ce que nous appelons l'inconscient et "s'exprime" en nos existences par des actes dont l'analyse demeure approximative, sans vraiment permettre que notre besoin de nous rassurer s'interdise à vouloir expliquer les choses de façon, disons rationnelle et, du fait, sécurisante.

Donc, en ce début d'été 1967, je fus avisé par courrier que mon intégration dans les services de la Sécurité sociale des Bouches-du-Rhône s'effectuerait le 3 juillet. Je me soumis, dans le courant du mois de juin, à des tests médicaux tendant à confirmer mon bon état de santé. Mon père m'avait accompagné à Marseille en ces occasions et m'avait même déniché un logement dans un petit immeuble du centre-ville, au 35 boulevard Notre-Dame pour être précis, à quelques hectomètres, à vol d'oiseau, de ce Vieux-Port cher à Marcel Pagnol.

La nuit du 2 juillet fut pénible et je connus beaucoup de peine à m’endormir. Je n'avais pas encore débuté dans mon emploi à Marseille que je n'aspirais déjà qu'à une seule chose : obtenir ma mutation pour Toulon. On m'avait signifié que c'était possible et, de plus, je me disais que mon père qui connaissait, de par sa situation professionnelle, nombre de personnes dites influentes, pourrait accélérer le processus, sitôt ma titularisation acquise.

Il faut dire qu'en plus de mes parents que je n'avais jamais quittés, j'avais tous mes amis dans la cité varoise. Amis avec lesquels je partageais mes activités musicales et sportives. Parmi eux, Alain Saint-Luc qui s'apprêtait, lui aussi, à vivre à Marseille pour ses études de médecine et Chantal Varnier qui, de son côté, allait devoir également "s'exiler" encore plus loin, à Salon-de-Provence exactement, pour sa deuxième année de professorat d'éducation physique. Bien sûr, le fait de savoir que nous pourrions nous revoir de temps à autre me rassurait un tant soit peu quant au plus ou moins proche avenir, mais cela n'amenuisait pas pour autant ce sentiment de déchirure, de rupture avec un passé qui perdurait et en lequel je me sentais parfaitement bien.

Le 3 juillet, après m’être présenté au service du personnel situé à quelque cent mètres d'où j'allais loger, je fus affecté au centre de la Capelette, localisé à quarante-cinq bonnes minutes de marche de mon nouveau domicile.

Cet événement me contraria mais je n'en soufflai mot à mon père qui passa cette journée à Marseille, m'attendant à midi pour la pause de la mi-journée et le soir pour me raccompagner le plus près possible de ma nouvelle maison. Nous nous quittâmes à mi-chemin, lui devant prendre son train et rejoindre ainsi ma mère à Toulon, et moi pour commencer à m'habituer à prendre mes repères dans cette ville qui m'apparaissait énorme, démesurée. Nous nous retournâmes souvent, nous adressant des signes de la main, et je me souviens très bien des larmes qui perlaient dans mes yeux, rendant ma vision tout à fait floue mais ne m'empêchant pas, cependant, de suivre mon père du regard jusqu'à ce qu'il ne devînt plus qu'un point et qu'il disparût à l'angle de la rue qui portait nos pas vers nos "destins" respectifs.

Arrivé chez moi, je téléphonai à ma mère et me couchai sans rien absorber. La journée avait été pénible, le travail lui-même n'était pas en cause, mais il s'agissait là de l'accumulation d'éléments divers dont, principalement, celui de me retrouver enfermé une huitaine d’heures alors que j'avais coutume de me mouvoir, en toute liberté, dans un "univers" ô combien moins austère ! Peut-être s'agissait-il, en l'occurrence, d'une prise de conscience qui m'invitait à délaisser, une fois pour toutes, le monde de l'enfance, monde dont j'avais fait ma patrie au nom de cette liberté que je vénérais, sans vraiment "la" savoir...

Les jours passèrent et tant bien que mal je me faisais peu à peu à ma nouvelle vie. Les gens qui m'entouraient étaient plutôt sympathiques et cela atténuait grandement la longueur des journées. C'est le soir, dès la sortie du bureau, que remontaient à la surface les souvenirs me donnant à regretter mon jeune passé. Sur le chemin du retour, j’effectuais de menus achats destinés à mon dîner que je prenais seul dans ma chambre.

Selon l'accord conclu entre la propriétaire et mon père lors de la signature du contrat de location, j’avais accès à toutes les dépendances de l’appartement, mais je ne cacherai point que je ne me sentais bien qu’en cette pièce où je dormais, et, du reste, elle était devenue mon refuge.

L'immeuble lui-même abritait un appartement par palier, il était assez cossu et avait dû voir le jour à la fin de la dernière guerre. Il ne comportait pas de balcon et c'est derrière de très hautes fenêtres que, du troisième étage, je pouvais voir le boulevard Notre-Dame, entre les branches des micocouliers qui le longeaient.

Ma propriétaire, une alerte septuagénaire, ne fréquentait les lieux que du vendredi soir au lundi matin, c'est-à-dire lorsque je n'y étais pas. Cette dernière particularité allait, par la suite, se révéler d'une grande importance. Je me dois d'ajouter que j'avais la permission de me servir du téléphone pour appeler mes parents, ce que je faisais avec joie pratiquement chaque soir.

Parvenu en fin de semaine, je regagnai en train Toulon où je rejoignai enfin ma petite famille. Il me fallut commenter mes débuts professionnels de la même manière, ou peu s'en faut, que je le faisais auparavant lorsque, l'automne venu, j'entamais une nouvelle année scolaire. Ainsi, je dus, en détail, répéter en ces instants de retrouvailles ce que je n'avais certainement pas manqué de relater au fil des conversations téléphoniques de la semaine. Ceci contribuait à procurer de la joie à mes parents et je ne me sentais pas le droit de les priver de ce bonheur qu'ils puisaient dans ce rôle de confidents qu'ils avaient si souvent joué, maintenant de la sorte cette complicité contre laquelle la séparation ne peut rien, ni par la distance, ni par la durée.

Je profitai également de ce week-end trop court pour m'adonner à mon sport favori, en allant trottiner avec quelques amis sur le parcours de cross de mon club.

La seconde semaine s'annonçait on ne peut mieux puisque abritant la fête nationale : le 14 juillet. Plus clairement, je n'aurais à travailler que quatre jours et cela me réjouissait d'autant plus que les 13 et 14 juillet l'orchestre auquel j'appartenais donnait un bal à Grimaud, bourgade voisine de Saint-Tropez. C'est pourtant, contre toute attente, le 10 juillet qui demeurera pour moi le point culminant de cette période.

Entra dans le service où j'avais été affecté un garçon qui répondait au nom de Warnier (son nom se prononçant comme celui de mon amie Chantal). Il se prénommait Jacques et allait devenir en plus d'un ami, le premier complice et aussi la première victime, toutes proportions gardées, d'une aventure peu banale.

Personnage attirant bien que n'étant pas d'un naturel expansif, Jacques avait alors vingt et un ans. Nous sympathisâmes très rapidement et, dans les jours qui suivirent, il m'apprit qu'il pratiquait, en plus du football, l'athlétisme. Cela eut pour effet de nous rapprocher davantage : outre le fait que nous fussions tous deux nouveaux, nous partagions à présent celui d'évoluer dans la même activité sportive. Ainsi nous tombâmes d'accord pour nous entraîner ensemble après la coupure destinée à fêter la Révolution française. Il ne me restait donc qu'à ramener de Toulon mon équipement sportif.

Ce week-end prolongé me régénéra. J'avais vu ma famille, mes amis, je m'étais entraîné avec mon club de l'U.S.A.M. Toulon et j'avais même donné de la voix avec mon orchestre "Les Desperados" pour faire danser les vacanciers de Grimaud et des environs.

J'avais, de la sorte, en ces trois jours, renoué avec "tout" ce que j'aimais.

Bien sûr, ce "retour aux sources" ne m’occultait pas l’idée qu’il me fallait regagner Marseille, mais ce n'était déjà plus dans les mêmes conditions, mon état d'esprit ayant considérablement changé. Ne savais-je pas que je pourrais désormais pratiquer mon sport favori sans devoir attendre les week-end ? Et de surcroît avec un compagnon que je considérais déjà comme un ami ?

Jacques Warnier, marseillais d'origine, connaissait tous les stades de sa ville et je lui fis bien évidemment confiance lorsqu'il choisit, sans hésiter, le stade Delort par rapport à sa proximité avec notre bureau.

Ce stade ne possédait pas, à l'époque, les magnifiques installations dont il dispose aujourd'hui. Toutefois, il pouvait permettre de pratiquer l'athlétisme puisqu'il était doté d'une piste, d'aires de lancer pour le "poids" et le "disque", ainsi que de deux sautoirs pour la "hauteur" et la "longueur". Jouxtant la grande arène du stade Vélodrome où évolue l'équipe de football de l'Olympique de Marseille, le stade Delort demeure entouré de courts de tennis et, il y a un quart de siècle de cela, il nous offrait déjà un vestiaire, vétuste certes, mais c'était là un abri où nous pouvions nous changer. Que demander de plus lorsqu'on a à peine un peu plus ou un peu moins de vingt ans, avec au fond de soi beaucoup d'énergie à dépenser ?

Ce fut donc le premier mardi de la semaine qui suivit ce week-end prolongé qui nous vit inaugurer les installations du stade Delort. Nous avions convenu au préalable de nous y rendre deux fois : le mardi et le jeudi. Ce premier entraînement se déroula fort bien. Dans la gaieté, nous accomplîmes une vingtaine de minutes de course lente en guise d'échauffement, avant de tester nos qualités respectives de vitesse, de résistance et d'endurance. Ce sont là les trois critères permettant de différencier les coureurs pour les étalonner ensuite dans l'une des trois disciplines de la course : le sprint, le demi-fond, le fond.

Jacques s'avéra le plus rapide, il était plus explosif en tant que coureur de 100 mètres. Quant à moi, je me montrai plus résistant, moins jaillissant, mais pouvant prolonger ma vitesse de base comme il sied à tout coureur de 800 mètres. Le temps de procéder à une demi-heure de course lente destinée à faire revenir nos muscles (dont en particulier le cœur, à un rythme plus propice à la récupération), nous regagnâmes le vestiaire où nous fîmes un brin de toilette avant de nous rhabiller pour rentrer chez nous.

Fourbus mais heureux, nous fîmes un bout de chemin ensemble, ce qui me permit d'améliorer encore ma connaissance de Marseille, aller et retour n'empruntant pas le même itinéraire. Nous remontâmes ainsi le Prado, l'une des plus grandes artères de la ville, laissant derrière nous l'immeuble de l'O.R.T.F., devenu, depuis, le siège de FR3. Après vingt bonnes minutes de marche, nous arrivâmes à la place Castellane où nous nous séparâmes. Jacques, pour prendre son bus (il habitait en banlieue), moi, pour rejoindre "mon" boulevard Notre-Dame situé à un petit quart d'heure de marche de là. Je pris en arrivant un repas frugal ; il devait être environ vingt et une heures trente lorsque je me mis au lit.

Le lendemain, nonobstant de légitimes courbatures, je me rendis guilleret à mon travail où nous ralliâmes des adeptes à notre cause en racontant à nos collègues de bureau nos "exploits" de la veille. Deux d'entre eux, Norbert Baldit, lequel venait juste d'être embauché, et Robert Augustin, un athlétique judoka, décidèrent de venir en découdre avec nous dès le jeudi, jour de la deuxième séance hebdomadaire.

Je souligne à cette occasion que le sport semble la meilleure soupape d'évacuation de ce stress qui nous envahit dans notre mode de vie complètement hybride, on ne le dira jamais assez : c'est par sa pratique que l'on peut éviter de tomber dans le piège des fléaux de notre civilisation que sont la drogue, le tabac et, bien entendu, l'alcool, palliatifs d'un mal de vivre peut-être, mais ô combien dangereux car annihilant toute volonté et donc tout espoir d'évolution.

 

 

 

 

 

 

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